Vente de vaches allaitantes immobilisées : l’exonération est acquise !

La question ressurgit régulièrement depuis plusieurs dizaines d’années : est-il intéressant d’immobiliser les vaches allaitantes ?

Au-delà d’une plus grande complexité comptable, l’intérêt apparait double :

  • Amortir la vache selon sa durée d’utilisation (de 5 à 7 ans en règle générale) et donc opérer une déduction en charge ;
  • Céder la vache en réalisant une plus-value, laquelle pourrait être exonérée sur la base du régime bien connu d’exonération des plus-values professionnelles (recettes < 350 000 € et activité exercée depuis plus de 5 ans).

Toutefois, pour l’administration, si la vente de reproducteurs (vaches allaitantes, taureaux…) peut bénéficier sans difficulté de l’exonération des plus-values, telle n’était pas le cas des vaches sorties du cycle de production et destinées à l’abattoir. Localement, et à défaut de prise de position nationale de Bercy, la pratique quasi-unanime imposait de basculer les vaches en stocks avant de les envoyer à l’abattoir, après une période d’engraissement éventuel. Ce qui aboutissait à en fiscaliser le prix en totalité en bénéfices agricoles ordinaires, dès lors que la valeur comptable était égale à zéro (vache totalement amortie), et à entrer ce montant dans l’assiette des cotisations sociales.

Bien évidemment, la bonne tenue actuelle des cours a remis le sujet à l’ordre du jour et nous avons engagé des échanges avec l’Autorité des normes comptables, mais également avec les services de la Direction de la législation fiscale à Bercy. Après plusieurs mois de discussions techniques et d’échange d’argumentaires comptables et fiscaux, la FNSEA à obtenu une validation de sa position : quel que soit la destination des vaches immobilisées (reproduction ou abattage), dès lors qu’elles sont classées en immobilisation au sens comptable et fiscal, leur cession s’opère en générant une plus-value, laquelle peut être exonérée selon le droit commun (recettes< 350 000 € et activité exercée depuis plus de 5 ans). En cas d’exonération, aucun impôt ni aucune cotisation ou contribution sociales ne seront appelées.
 

Exemple :
Une vache acquise et inscrite en immobilisation en N est cédée courant N+6 après avoir été totalement amortie sur 5 ans. Sa VNC (valeur nette comptable) est donc nulle. Après engraissement, elle est cédée pour 3 000 € en N+6.
Jusqu’à présent, elle devait être inscrite en stock dès lors qu’elle n’était plus affectée à la reproduction (dates variables selon les pratiques) pour sa VNC. Puis lors de la cession, un profit sur stocks était calculé : 3 000 € – 0 = 3 000 €, lequel était taxé en BA ordinaires.
Désormais, le calcul sera identique à la cession de toute immobilisation :
Valeur de vente – VNC = Plus-value, soit 3 000 € – 0 € = 3 000 €.
Dès lors que l’exploitant sera exonéré des plus-values, aucune taxation ou appel de cotisation ne seront réalisés. En revanche, et sauf rare exception, en l’absence d’exonération, la plus-value sera réalisée à court terme et donc taxée à l’identique des BA de droit commun (si recettes > 350 000 € ou activité exercée depuis moins de 5 ans).

Nous reviendrons vers vous, comme vos centres comptables que nous informons de cette nouvelle interprétation, pour la mise en œuvre pratique de cette règle dont l’application nécessite de nombreuses précautions et la prise en compte de la situation précise de chaque éleveur (jeunes agriculteurs, option fiscale définitive, contraintes comptables…).